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| Montréal, 18 mars 2000 / No 58 |
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par
Martin Masse
Le contrôle étatique sur la gestion des soins de santé produit des paradoxes surprenants. Alors qu'on dénonce habituellement les structures bureaucratiques parce qu'elles sont des machines à dépenser sans compter, dans le cas de la santé, c'est le contraire qui se produit: tout le monde critique le fait que le gouvernement ne dépense pas assez. On l'a vu avec la fameuse cagnotte fédérale de Oublions un instant la question de la répartition appropriée et de la gestion efficace des ressources à l'intérieur du système (voir à ce sujet LE CHAOS PLANIFIÉ DANS LES URGENCES, le QL, On le sait, la population vieillit et l'espérance de vie s'allonge, les gens sont de plus en plus exigeants et souhaitent demeurer en santé le plus longtemps possible, les méthodes de traitement high-tech sont de plus en plus coûteuses. On peut penser que le citoyen moyen est prêt à consacrer une plus grande part de ses revenus à la santé. Comment alors devrait-on déterminer le niveau idéal de ressources globales consacrées à ce domaine, de façon à bien refléter la demande globale des citoyens? |
| Une
solution à long terme
Dans le cadre de notre système de santé étatisé, c'est bien simple: le gouvernement décide. Ces dernières années, on a effectué des coupures. La prospérité récente et les surplus budgétaires ont permis au gouvernement de réinjecter quelques centaines de millions et d'éponger les déficits des hôpitaux. Mais ce qu'on a entrevu ces derniers jours dans les déclarations ministérielles, c'est la possibilité d'une solution à long terme à ce débat. C'est le ministre des Finances Bernard Landry qui l'a proposée: établir un plafond de dépenses qui resterait stable quelle que soit l'évolution des finances du gouvernement. C'est la solution technocratique par excellence: la ministre de la Santé Pauline Marois tiendra au printemps des consultations publiques sur la gestion et le financement du réseau. Nous déciderons alors On sait bien sûr à quoi rime cette mascarade consultative. Mais pourquoi donc le gouvernement se sent-il obligé de proposer une telle solution, de figer dans le béton le niveau des dépenses pour un domaine en constante évolution, où les besoins et les demandes du public changent d'année en année? N'aurait-il pas avantage à dépenser plus, puisque c'est manifestement ce que la population demande, sondage après sondage? Bonne gestion politique En fait, les besoins et demandes du public n'ont rien à y voir. Une telle balise serait utile pour le gouvernement simplement parce qu'elle ferait en sorte de rendre des choix difficiles plus faciles à gérer politiquement. Le premier ministre Lucien Bouchard en a expliqué la logique dans deux courtes phrases:
Mais le gouvernement ne peut pas permettre cette explosion des coûts, qui le forcerait à augmenter les taxes ou à couper dans d'autres postes de budget, par exemple dans les milliards en subventions que Bernard Landry aime bien distribuer à ses petits amis du secteur dit La solution: une médecine privée Voilà pourquoi nos gouvernants ont eu le Seule une médecine privée, où les patients auraient le contrôle sur les ressources qu'ils souhaitent consacrer à leur santé, permettrait de remédier à cette absurdité. Il est vrai qu'il faudrait alors faire des choix difficiles, puisque l'illusion de la gratuité ne jouerait plus dans les décisions à prendre. Si quelqu'un préfère par exemple investir beaucoup plus dans une police d'assurance plus complète de façon à garantir qu'il obtiendra les traitements les plus efficaces et coûteux, ce sera son choix; si une autre préfère profiter du bon temps, s'en remettre aux organismes de charité pour recevoir des soins, et se dire qu'elle pourra bien mourir après avoir fait le tour du monde parce qu'elle aura accompli son rêve dans la vie, ce sera son choix aussi. Chacun sera libre de choisir de payer pour plus ou moins de soins, et chacun devra vivre avec les conséquences. Il n'y a pas d'autres façon de répondre aux besoins et demandes des citoyens: il faut les laisser faire leurs propres choix dans un contexte de libre marché. Les imprudents et les paresseux seront bien sûr moins avantagés dans un tel système, mais les autres pourront bénéficier de soins d'une qualité supérieure – s'ils décident eux-mêmes que c'est dans leur intérêt et qu'ils sont prêts à y consacrer les ressources nécessaires. Le socialisme et l'étatisme se nourrissent de la croyance naïve dans la capacité des politiciens à faire des choix qui seront dans l'intérêt du plus grand nombre, alors que leur gestion du secteur de la santé montre bien que ce n'est pas le cas. Les choix qui sont faits à notre place par nos gouvernants, c'est avant tout en ayant à coeur leur propre pouvoir qu'ils les font.
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Le Québec libre des nationalo-étatistes |
Alexis
de Tocqueville
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